Road trip en Espagne, 10 jours en camping-car

Dix jours de camping-car, un frigo, deux grosses journées de route et une question qui revient avant même de choisir l’itinéraire : où va-t-on dormir ? Ce parcours descend la côte catalane puis la côte valencienne avant de plonger dans l’Andalousie, de Figueres à Nerja. Il tient en 1 232 km, dont 155 pour les quatre premiers jours, et il laisse deux journées entières sans toucher au volant.

L’itinéraire en un coup d’œil

Le tableau à garder sous la main. Les distances et les durées correspondent au trajet le plus court en voiture : en camping-car, comptez plus de temps, surtout sur les routes de côte.

Jour Étape Route Nuit
1 Figueres, Cadaqués, Portlligat, Cap de Creus 38 km, 52 min Camping ou aire près de Roses
2 Roses, Empuriabrava 27 km, 40 min Camping à Empuriabrava
3 L’Escala, Cala Montgó, L’Estartit 43 km, 56 min Camping près de L’Escala
4 Begur, Pals, Peratallada 47 km, 1 h 06 Camping ou aire près de Pals
5 Peratallada – Peñíscola 347 km, 4 h 15 Camping ou aire à Peñíscola
6 Peñíscola – Valence 147 km, 1 h 45 Aire ou camping près de Valence
7 Valence 0 km Même nuit
8 Valence – Grenade 477 km, 5 h 25 Camping ou aire à Grenade
9 Grenade 0 km Même nuit
10 Grenade – Almuñécar – Nerja 106 km, 1 h 35 Camping près de Nerja
Schéma du trajet du nord au sud, de Cadaqués à Nerja par Peratallada, Peñíscola, Valence et Grenade, avec les kilomètres de chaque grande étape
Le parcours d’un coup d’œil : tout se joue entre le jour 5 et le jour 8, qui avalent l’essentiel des kilomètres.

Pourquoi ce sens ? Parce que Valence et Séville sont à 655 km l’une de l’autre, ce qui interdit de les enchaîner en une journée. L’ordre Valence, Grenade, Nerja garde la dernière grande étape raisonnable et finit au bord de l’eau. Séville ne vient qu’en extension, pour deux semaines (voir plus bas).

1 232 km pour les dix jours, avec seulement deux journées de route vraiment longues

Où dormir : ce que la règle dit vraiment

Un camping-car garé n’est pas en train de camper tant que trois conditions tiennent : rien ne sort du véhicule (store, table, chaises), il repose uniquement sur ses pneus (les cales de sécurité sont admises) et rien ne coule de l’habitacle. Même dans ce cas, la commune décide où l’on stationne et pour combien de temps : le panneau à l’entrée du parking pèse plus lourd que n’importe quel guide, celui-ci compris.

Les règles complètes (zones à faibles émissions, gaz, aires, vidange) sont détaillées sur la page Espagne en van et en camping-car. Pour un séjour de dix jours, retenez surtout une habitude : réserver un camping ou repérer une aire pour chaque soir, avec un plan B.

Costa Brava (jours 1 à 4)

Quatre jours pour 155 km : ici, on ne roule pas, on se gare et on marche. Les routes sont étroites et les parkings pleins tôt le matin, donc partez avant que les plages se remplissent. Ces nuits sont à réserver en premier.

Jour 1 : Cadaqués, Portlligat et Cap de Creus (38 km)

Les maisons blanches de Cadaqués au bord d’une baie remplie de bateaux, sous une colline sèche
Cadaqués vu d’en haut : les ruelles sont étroites, on laisse le camping-car en périphérie.

Cadaqués, c’est le bout nord de la Costa Brava, un village de maisons blanches lié à Salvador Dalí. Ses ruelles sont étroites : garez le camping-car sur un parking en périphérie et entrez à pied. Un détour jusqu’à Portlligat mène à la maison de Dalí, qui se visite sur réservation préalable uniquement. Vérifiez les horaires de votre date sur le site de la fondation avant de prendre la route, pas une fois devant la porte.

Le parc naturel du Cap de Creus complète la journée, et c’est là que les règles se compliquent.

En été, visez donc le parc tôt le matin ou en fin de journée, et ne comptez pas y dormir.

Jour 2 : Roses et Empuriabrava (27 km)

Roses a sa citadelle, la Ciutadella, et son port de pêche. Les criques voisines du parc se rejoignent à pied ou à vélo, ce qui règle le problème du véhicule. Ensuite, Empuriabrava : une marina construite autour de canaux, surnommée la « Venise catalane ». Des loueurs y proposent des balades en bateau. Au dîner, goûtez le suquet de peix, le ragoût de poisson catalan.

Jour 3 : L’Escala, Cala Montgó et L’Estartit (43 km)

À L’Escala, le Museu de l’Anxova i de la Sal raconte la salaison des anchois, spécialité du coin. Cala Montgó offre du sable fin et des pins pour l’après-midi. Fin de journée à L’Estartit, face aux îles Medes, une réserve marine protégée : les fonds se voient en snorkeling ou lors d’une sortie en bateau avec un opérateur agréé.

Jour 4 : Begur, Pals et Peratallada (47 km)

Une crique de la Costa Brava, eau turquoise entre rochers et pinèdes, avec des bateaux au mouillage
Le genre de crique qui fait la Costa Brava : pins jusqu’à l’eau, roche rousse, fond clair.

Begur aligne des ruelles fleuries et les criques de Sa Tuna et d’Aiguablava. Pals, village médiéval fortifié, se visite avant l’arrivée des groupes : levez-vous tôt. Peratallada termine la journée, avec ses murs de pierre ocre à l’intérieur desquels on se promène. Dans ces trois villages, garez-vous à l’entrée et finissez à pied.

Peñíscola et Valence (jours 5 à 7)

Jour 5 : Peratallada à Peñíscola (347 km)

C’est la première grosse journée : un peu plus de quatre heures au plus court, sans compter les pauses. Partez tôt. Peñíscola est posée sur un piton rocheux, avec le château du pape Luna au sommet et un centre ancien pavé. La plage Norte est tout près de la ville.

Le piton rocheux de Peñíscola, ses remparts et le château au sommet, vus depuis la plage
Peñíscola depuis la plage : le château au sommet, les remparts qui descendent jusqu’au sable.

Le soir, tapas de la mer : calamars frits et anchois marinés.

Jour 6 : Peñíscola à Valence (147 km)

Journée facile, 1 h 45 au plus court. À Valence, mieux vaut ne pas entrer en ville en camping-car : circulation dense et zones à faibles émissions de plus en plus nombreuses. Posez le véhicule sur une aire ou un camping de périphérie, puis passez aux transports en commun.

La Cité des Arts et des Sciences demande une demi-journée, et l’Oceanogràfic, l’aquarium, en fait partie. Ensuite, les jardins du Turia, l’ancien lit du fleuve, traversent la ville : un parcours à vélo tout trouvé.

Les bâtiments blancs de la Cité des Arts et des Sciences de Valence, reflétés dans un bassin au crépuscule
La Cité des Arts et des Sciences : prévoyez une demi-journée.

Jour 7 : Valence à pied (0 km)

Le camping-car reste garé : la journée se fait à pied dans le centre historique. Commencez par la cathédrale, puis montez à la tour du Miguelete si la montée vous tente. Près de là, le Mercado Central ouvre du lundi au samedi, de 7 h 30 à 15 h, et ferme le dimanche et les jours fériés (horaires sur VisitValencia). Une horchata de chufa, la boisson de souchet, s’avale en horchatería.

Pour le déjeuner, la paella valenciana traditionnelle se fait avec du poulet, du lapin et des légumes. Celle aux fruits de mer est une autre recette, bonne aussi, mais pas la même. Côté plage de la Malvarrosa, Casa Carmela et La Pepica sont connues pour leur paella : réservez.

Valence à Nerja : Grenade et la côte (jours 8 à 10)

Jour 8 : Valence à Grenade (477 km)

477 km la plus longue étape du parcours, environ 5 h 25 au plus court, sans les pauses

Le jour 7 sans conduite sert à ça. Quelques réflexes pour que la journée passe bien :

  1. Faites le plein la veille ou au départ.
  2. Partez tôt.
  3. Coupez la route par une pause à mi-chemin.

Côté péages, l’AP-7 est sans péage au nord d’Alicante d’après la liste des tronçons de l’AP-7 sur Wikipédia (source secondaire, à confirmer), ce qui couvre les jours 5 et 8. Les tronçons payants restent plus au sud (Murcie, Málaga), hors de ce parcours.

Jour 9 : Grenade (0 km)

L’Alhambra de Grenade dorée par le soleil couchant, avec des montagnes enneigées derrière
L’Alhambra, classée à l’UNESCO, au pied de montagnes enneigées.

L’Alhambra est classée à l’UNESCO et réunit les palais nasrides, les jardins du Generalife et l’Alcazaba. Les billets se prennent à l’avance, parfois plusieurs semaines avant en saison.

Au coucher du soleil, montez dans l’Albaicín jusqu’au mirador de San Nicolás : la vue donne sur l’Alhambra. La soirée peut finir au Sacromonte, où le flamenco se joue dans des grottes.

Jour 10 : Grenade, Almuñécar et Nerja (106 km)

La route descend vers la côte via Almuñécar jusqu’à Nerja. À côté de la ville, la plage de Maro et les falaises du parc naturel de Maro-Cerro Gordo ; les grottes de Nerja sont tout près. Pour cette dernière nuit, prenez un camping : la côte est très fréquentée, et la loi des côtes interdit les campements sur les plages.

Quand partir, et que faire si le temps manque

Le printemps (avril à juin) et le début de l’automne (septembre, octobre) évitent les campings saturés et la chaleur d’été, qui dépasse souvent 40 °C dans l’intérieur andalou.

Pour le carburant, le calcul est simple : 1 232 km multipliés par la consommation de votre véhicule et par le prix du litre. À titre d’ordre de grandeur, à 10 à 12 l/100 km, cela fait environ 123 à 148 litres. Remplacez ces chiffres par ceux de votre camping-car.

Avec deux semaines, ajoutez Séville : 248 km depuis Grenade (3 h), puis 263 km de Séville à Nerja. Les rues y sont étroites : connaissez la hauteur et la longueur de votre véhicule, surtout si vous passez par la route des villages blancs.

Avant de partir

  • Nuits des jours 1, 2, 3 et 10 réservées (côtes très fréquentées), les autres plus souples.
  • Visite de la maison de Dalí réservée, horaires vérifiés auprès de la fondation.
  • Entrées de l’Alhambra prises à la billetterie officielle.
  • Règles du Cap de Creus confirmées auprès des mairies de Cadaqués et de Roses.
  • Plein fait avant la route du jour 8.
  • Hauteur et longueur du véhicule connues, pour les rues étroites.

Le jour 10 passe par la plage de Maro, et ça vaut les 1 232 km. La nuit, c’est au camping.

Nos sources

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