Road trip dans les Pyrénées espagnoles en une semaine

Sur la carte, les Pyrénées espagnoles tiennent dans une semaine depuis Barcelone. Sur la route, c’est plus nuancé : le premier et le dernier jour avalent près des deux tiers des kilomètres, et tout ce qui compte se joue entre les deux, à pied, dans les vallées de Torla, de Benasque et de Boí. La boucle de sept jours ci-dessous part de ce constat : peu de route au milieu, des départs tôt, des nuits dans de petits villages.

L’itinéraire en un coup d’œil

Les distances et les durées ci-dessous sont calculées sur route, entre les villages d’étape, sans arrêts ni trafic. Les détours à pied, en navette ou en taxi ne sont pas comptés, et les chiffres montent vite en été comme en montagne. Recalculez au GPS la veille.

Jour Étape Distance (environ) Route Nuit
1 Barcelone, Lleida, Barbastro, Aínsa 273 km 3 h 30 Aínsa
2 Aínsa, canyon d’Añisclo, Torla 46 km (hors détour d’Añisclo) 45 min, plus le détour Torla
3 Vallée d’Ordesa 15 km 20 min (hors navette) Torla
4 Torla, Benasque 106 km 1 h 45 Benasque
5 Benasque, Vall de Boí 66 km 1 h 10 Taüll ou Boí
6 Aigüestortes, puis Vielha 55 km 1 h (hors taxi du parc) Vielha
7 Val d’Aran, retour à Barcelone 314 km 4 h 15 Barcelone
Schéma de la boucle de sept jours : Barcelone, Aínsa, Torla, Benasque, Vall de Boí, Vielha, retour à Barcelone, avec les distances de chaque jour
Schéma, pas à l’échelle : les étapes dans l’ordre, avec les kilomètres de route de chaque jour (le jour 3 se passe à Ordesa, 15 km).

875 km pour toute la boucle, dont près des deux tiers le premier et le dernier jour

À partir du jour 2, vous êtes en montagne, et une règle vaut partout : la météo change vite, surtout l’après-midi. Partez tôt, emportez de l’eau et des couches chaudes, même en plein été.

Haut-Aragon : Aínsa, Añisclo et Ordesa (jours 1 à 3)

Jour 1 : Barcelone, Lleida et Aínsa (273 km)

La journée est longue, autant la rendre agréable. Prenez l’A-2 jusqu’à Lleida, puis l’A-22 vers Barbastro et l’A-138 jusqu’à Aínsa : 273 km, 3 h 30 de conduite. À Lleida, la Seu Vella, cathédrale-forteresse qui domine la ville, justifie une pause, et une pause suffit.

Aínsa se mérite en fin d’après-midi. La vieille ville est perchée au-dessus du confluent du Cinca et de l’Ara : plaza Mayor, arcades, château, ruelles pavées étroites. Garez-vous en bas et montez à pied. Comptez une à deux heures. Au dîner, cherchez le ternasco, l’agneau d’Aragon rôti au four, dans une taverne de la plaza Mayor.

La vieille ville d’Aínsa : maisons de pierre, tour de l’église et collines boisées au fond
Aínsa, ses toits de pierre et sa tour : le décor du premier soir.

Jour 2 : Aínsa, canyon d’Añisclo et Torla (46 km)

Quittez Aínsa par la A-138 en direction de Bielsa. À Escalona, un panneau annonce le canyon d’Añisclo. La route HU-631 s’y enfonce par le défilé étroit des Cambras et s’arrête au parking de San Úrbez. De là, le sentier qui mène à l’ermitage et au pont de San Úrbez prend quelques dizaines de minutes. C’est court, et ce qui en fait un bon début de journée.

Ensuite, direction Torla par Fiscal et Broto. À Broto, la cascade de Sorrosal est à une petite demi-heure de marche du village : un arrêt qui remplit bien la fin de matinée. Le tableau compte 46 km et 45 minutes pour cette étape, sans le détour d’Añisclo.

Jour 3 : la vallée d’Ordesa (15 km)

Torla est le village d’entrée du parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu. Le reste de la journée dépend de la saison.

Hors de cette période, vous pouvez monter en voiture jusqu’à la Pradera si le parking a de la place. Autre option, à pied depuis Torla par les sentiers de Turieto : plus long, mais sans navette.

Depuis la Pradera, la classique est la Cola de Caballo : environ 17 à 18 km aller-retour, une journée entière. Les gradas de Soaso, ces paliers creusés par le río Arazas, viennent en chemin. Si l’énergie manque, ne faites que cette partie : c’est la version courte du même sentier. Plus au sud, la vallée d’Escuaín, sur le versant sud du massif, est moins fréquentée. Avant de monter, passez au centre des visiteurs du parc, qui indique les sentiers ouverts.

Le soir, à Torla, fromage de brebis et charcuterie du Haut-Aragon : rien de compliqué, et c’est exactement ce qu’il faut après dix-sept kilomètres.

Benasque et la Vall de Boí (jours 4 et 5)

Jour 4 : de Torla à Benasque (106 km)

Retour vers Aínsa par la N-260, puis Campo et la vallée de l’Ésera jusqu’à Benasque : 106 km, 1 h 45, la plus longue route de la semaine après les jours 1 et 7. Partez tôt pour avoir l’après-midi à pied.

Benasque est à 1 140 m, au pied des plus hautes randonnées des Pyrénées. Faites vos provisions dans le village : plus haut, vers l’Hospital de Benasque, il y a peu de commerces. Pour l’après-midi, trois sorties de niveaux différents. Toutes demandent de bonnes chaussures, une appli GPS et des vêtements en couches.

Sortie Départ Distance Dénivelé Niveau
Balade en fond de vallée Benasque boucle de 8,9 km 94 m très facile
Forau d’Aigualluts parking de La Besurta environ 5 km aller-retour 235 m moyen (Senditur)
Ibón de Escarpinosa vallée d’Estós (pas Cerler) 12 à 13 km aller-retour 750 à 890 m selon les fiches moyen

Le Forau d’Aigualluts est un gouffre où disparaît une partie de l’eau de fonte du massif de l’Aneto : un bon but de pique-nique. Au dîner, la truite grillée est une valeur sûre dans la vallée.

Jour 5 : Benasque et la Vall de Boí (66 km)

Prenez l’A-139 vers Castejón de Sos, puis la N-230 jusqu’à Pont de Suert, et la L-500 remonte la Vall de Boí : 66 km, 1 h 10. Dormez à Boí ou à Taüll.

La vallée porte neuf éléments d’un ensemble d’églises romanes catalanes inscrit à l’UNESCO depuis 2000 : Sant Feliu de Barruera, Sant Joan de Boí, Santa Maria et Sant Climent de Taüll, la Nativitat de Durro, Santa Eulàlia d’Erill la Vall, l’Assumpció de Coll, Santa Maria de Cardet et l’ermitage de Sant Quirc de Durro. Vous n’en ferez pas neuf en une journée, et ce n’est pas nécessaire.

Commencez par Sant Climent de Taüll, consacrée en décembre 1123 et reconnaissable à son haut clocher lombard. Son abside est considérée comme un chef-d’œuvre de la peinture romane européenne. Santa Maria de Taüll, plus petite, dans le même village, a elle aussi un décor mural. Sant Joan de Boí et Santa Eulàlia d’Erill la Vall viennent ensuite, si le temps le permet.

L’église Sant Climent de Taüll et son haut clocher lombard, dans la vallée de Boí
Sant Climent de Taüll et son haut clocher lombard, consacrée en décembre 1123.

À table, le trinxat (pommes de terre et chou écrasés) ou les canelons.

Aigüestortes et le Val d’Aran (jours 6 et 7)

Jour 6 : Aigüestortes puis Vielha (55 km)

Le parc national d’Aigüestortes i Estany de Sant Maurici a deux accès. Depuis Boí, des taxis 4×4 montent toute l’année, si la météo le permet, jusqu’à la plaine d’Aigüestortes. Le lac de Sant Maurici, lui, s’atteint depuis Espot, de l’autre côté du parc : impossible de l’ajouter à la même journée depuis Boí. Les véhicules privés sont limités aux parkings extérieurs.

  1. Passez à la Casa del Parc de Boí pour la carte et l’état des sentiers.
  2. Prenez le taxi du matin jusqu’à la plaine d’Aigüestortes.
  3. Marchez jusqu’à l’Estany de Llebreta, puis retour au parking vers midi. Les marcheurs aguerris peuvent faire le tour des lacs (Llong, Redó) en une demi-journée.
  4. L’après-midi, route par Pont de Suert, la N-230 et le tunnel de Vielha. Le tableau compte 55 km et 1 h, taxi du parc exclu.

Vielha est la capitale du Val d’Aran. À pied, l’église Sant Miquèu et son Christ de Mijaran, puis le musée du Val d’Aran, qui raconte l’histoire de la vallée. L’aranais, une variante de l’occitan, y est langue officielle avec le catalan et l’espagnol.

Jour 7 : Val d’Aran et retour à Barcelone (314 km)

Gardez le début de la journée pour trois villages. Arties a une petite église romane, Santa Maria, et des ruelles. Bossòst est bordé par la Garonne, près de la frontière. Bagergue, l’un des villages les plus élevés de la vallée, est tranquille et bien conservé : si vous ne devez en voir qu’un, prenez celui-là.

En hiver, Baqueira-Beret est à une vingtaine de minutes de Vielha. L’été, les sentiers du Camin Reiau relient les villages entre eux.

Le retour vers Barcelone fait 314 km, environ 4 h 15 par la route la plus directe. Il existe aussi une variante par la Cerdagne et Ribes de Freser.

La version courte en trois jours : les Pyrénées catalanes

Pour qui n’a que trois jours, cette variante laisse le Haut-Aragon de côté et reste en Catalogne, en voiture depuis Barcelone.

  1. Vall de Núria. Barcelone, Ribes de Freser : environ 110 km. Puis le train à crémaillère de Ribes de Freser, 12,5 km, plus de 1 000 m de dénivelé, 40 minutes. En haut : sanctuaire, lac et promenades faciles.
  2. Route vers la Vall de Boí. Environ 230 km, plus de quatre heures (estimation, non recalculée comme celles de la boucle).
  3. Aigüestortes le matin, églises romanes de Taüll l’après-midi.

Avec deux jours de plus, cette variante revient simplement à ajouter Núria en tête de la grande boucle.

Avant de partir

  • Réserver les nuits de Torla et de Benasque en premier, surtout en juillet et en août.
  • Vérifier l’état de la route d’Añisclo auprès de l’office de tourisme d’Aínsa ou du parc.
  • Consulter dates et horaires des navettes sur ordesabus.com.
  • Acheter à l’avance le billet de train de Núria si vous faites la variante.
  • Prévoir eau, couches chaudes et bonnes chaussures, même en été.
  • Recalculer les distances au GPS la veille de chaque étape.

La saison des randonnées d’altitude va de juin à septembre. Hors de ces mois, comptez avec la neige sur les parkings d’altitude.

Huesca et les châteaux d’Aragon attendent une prochaine fois.

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