Road trip en Espagne Atlantique : 9 jours d’Irun à Fisterra

Sur cette côte, deux étapes demandent une réservation : Gaztelugatxe et la plage des Cathédrales. La seconde dépend en plus de la marée, et c’est elle qui peut vous faire rater la journée. Le reste des neuf nuits, d’Irun à Fisterra, se laisse conduire.

Le trajet jour par jour

Le tableau suffit pour caler vos dates. Les distances sont des trajets routiers calculés et arrondis à 5 km, sans les détours de plage : confirmez-les sur votre carte avant de partir.

Jour Étape Route Nuit
1 Irun, Zarautz, Getaria 45 km Zarautz
2 Gaztelugatxe, Bilbao 135 km Bilbao
3 Santander, Santillana del Mar, Comillas 145 km Comillas
4 Llanes, Cangas de Onís, Covadonga 115 km Cangas de Onís
5 Ruta del Cares (Poncebos) 75 km Cangas de Onís
6 Cudillero, Playa del Silencio 140 km Cudillero
7 Ribadeo, plage des Cathédrales 105 km Ribadeo
8 Route vers Saint-Jacques-de-Compostelle 195 km Santiago
9 Costa da Morte, Muxía, Fisterra 105 km Fisterra
Schéma des neuf étapes d’est en ouest, d’Irun à Fisterra, avec les kilomètres de chaque jour
Les neuf nuits en une colonne. Schéma, pas à l’échelle : la vraie côte fait beaucoup plus de zigzags.

À réserver avant de payer la première auberge

Deux étapes ont des règles d’accès. Si vous voyagez en juillet ou en août, ajoutez-y l’hébergement. Réservez dans cet ordre :

  • le ticket gratuit de Gaztelugatxe, si votre date tombe un jour à accès contrôlé ;
  • la plage des Cathédrales, si vous y passez à la Semana Santa ou entre le 1er juillet et le 30 septembre ;
  • vos nuits de juillet et d’août.

Pays basque (jours 1 et 2)

Jour 1 : Irun, Zarautz et Getaria (45 km)

37 km d’autoroute séparent Irun de Zarautz, et vous les avalerez avant que le café refroidisse. Zarautz a une longue plage de sable, plus tranquille que celle de San Sebastián, et passe pour un bon endroit où apprendre à surfer : des écoles louent planches et combinaisons. Le soir, les pintxos se mangent dans la vieille ville.

5 km plus loin, Getaria sert le poisson grillé à la braise (bar, dorade, maquereau) et le fait cuire dans la rue, devant les restaurants. Pas besoin de lire la carte : le menu fume sur le trottoir.

Jour 2 : Gaztelugatxe et Bilbao (135 km)

Un îlot relié à la côte par un escalier de 241 marches, un ermitage tout en haut : c’est le décor de Dragonstone dans Game of Thrones, et c’est une étape à préparer. Comptez environ 2 h 30 sur place.

1 462 visiteurs par jour au maximum à Gaztelugatxe (Gouvernement de Biscaye)

Le parking public de l’entrée d’Urizarreta compte 22 places, et il se remplit entre 10 h et 16 h. Arrivez avant, ou après.

Si l’envie de surf vous a pris à Zarautz, Mundaka ajoute environ 20 km, et un article du site détaille l’étape en van : Mundaka en van.

À Bilbao, le musée Guggenheim se visite pour son architecture, même de l’extérieur. Pour manger, le Mercado de la Ribera aligne des bars à pintxos. Les marchés de Bilbao et de Santander ferment une partie de l’après-midi : achetez avant 14 h.

Cantabrie (jour 3)

Jour 3 : Santander, Santillana del Mar et Comillas (145 km)

Bilbao-Santander, c’est 100 km d’A-8, gratuite. Réservez à Santander une demi-journée : la plage de Mataleñas, dans une crique entre falaises, le phare de Cabo Mayor au coucher du soleil, et le Mercado del Este pour le déjeuner.

Plage de sable et rocher dans une crique de Santander, mer calme sous un ciel gris
Santander et ses criques : même sous un ciel gris, la côte cantabrique se laisse regarder.

Santillana del Mar est à une demi-heure de route de Santander : un village médiéval tout en pierre. La grotte d’Altamira (UNESCO) n’est pas visitable, mais le musée voisin en propose une réplique, la Neocueva. Comillas, 17 km plus loin, garde El Capricho de Gaudí, dans une petite villa moderniste, des bâtiments néogothiques et une plage calme. C’est là que vous dormez.

Asturies et Picos de Europa (jours 4 à 6)

Jour 4 : Llanes, Cangas de Onís et Covadonga (115 km)

Llanes est à 46 km de Comillas : un vieux port, des ruelles, des criques dont la Playa de Ballota. Puis Cangas de Onís, une cinquantaine de kilomètres plus loin, et le sanctuaire de Covadonga, avec sa basilique et sa grotte. Un après-midi suffit.

Le soir, prenez une sidrería à Llanes ou à Cangas de Onís. Le cidre y est servi de haut, versé à bout de bras (c’est l’escanciado), et la fabada asturienne, un plat de haricots blancs avec chorizo et morcilla, tient au corps pour la journée du lendemain.

Jour 5 : la Ruta del Cares depuis Poncebos (75 km)

De Cangas de Onís à Poncebos, il y a 76 km aller-retour, environ 50 minutes par sens. Le sentier court dans les gorges du Cares, dans le parc national des Picos de Europa, jusqu’à Caín.

Lac de montagne entouré de pâturages et de brebis, sommet dans la brume, Picos de Europa
Les Picos de Europa vus d’un lac : de l’herbe, des brebis, de la brume qui monte. Mettez une veste dans le sac.

Entre Poncebos et Caín, comptez 11 à 12 km par sens, donc 22 à 24 km aller-retour, et 6 à 8 heures avec les pauses. Le parcours officiel, le PR-PNPE 3 (ministère de la Transition écologique), va plus loin, jusqu’à Posada de Valdeón : 21 km par sens, de 3 h 20 à 5 h 30 dans un seul sens.

Moins d’énergie, ou moins de temps ? Un simple tronçon au départ de Poncebos montre déjà les gorges. Les autres randonnées du massif sont dans l’article sur les Asturies.

Jour 6 : Cudillero et la Playa del Silencio (140 km)

L’A-8 file vers l’ouest à travers les Asturies. Cudillero est un village de pêcheurs dont les maisons colorées descendent en amphithéâtre autour du port : on s’y promène à pied, dans des rues étroites. À quelques kilomètres, la Playa del Silencio est encadrée de falaises et peu aménagée. Arrivez tôt ou en fin d’après-midi.

Galice (jours 7 à 9)

Jour 7 : Ribadeo et la plage des Cathédrales (105 km)

La plage des Cathédrales (Praia das Catedrais) est à Ribadeo, en Galice. Ses arches ne se voient qu’à marée basse : réserver sans avoir regardé l’horaire des marées, c’est risquer de tomber sur une plage pleine d’eau.

Grande plage de sable mouillé à marée basse, falaises sombres et ciel nuageux, Galice
Une plage galicienne à marée basse. Aux Cathédrales aussi, tout se joue sur l’horaire de la marée.

Jour 8 : route vers Saint-Jacques-de-Compostelle (195 km)

C’est le trajet le plus long du voyage, environ 2 h 20. Garez-vous au parking de l’entrée de la ville et gagnez le centre à pied : la cathédrale, la place de l’Obradoiro, les ruelles médiévales. Autour du 25 juillet, jour de la Saint-Jacques, la ville est en fête et les chambres sont très demandées. Si le Camino vous tente autrement, voyez le Camino à vélo.

Jour 9 : Costa da Morte, Muxía et Fisterra (105 km)

Santiago-Fisterra, c’est 83 km par la route directe. Prenez plutôt la version côtière par Muxía, 105 km : elle vaut le détour. La Costa da Morte est une côte battue par l’océan, avec des phares et peu de monde. À Muxía, un sanctuaire fait face à la mer. Le cap Fisterra, lui, a longtemps passé pour la fin du monde connu, et beaucoup en font le point d’arrivée symbolique du Chemin de Compostelle.

Falaises plongeant dans l’océan sous la brume, Costa da Morte
La Costa da Morte dans la brume. L’océan est là, et il n’y a plus de route après.

Restez pour le phare au coucher du soleil, et goûtez les percebes (des pouce-pieds), les crustacés de la région.

Ce qu’on mange sur la route

Plat Ce que c’est
Pulpo a la gallega Poulpe servi tiède, au paprika et à l’huile d’olive, dans une pulpería
Fromage de Cabrales Un bleu puissant des Picos de Europa
Tetilla Un fromage galicien crémeux et doux
Moules et couteaux De Cantabrie et de Galice, à la vapeur ou grillés
Albariño Un vin blanc de Galice, pour les fruits de mer

Conduire, se garer, dormir

  • Vitesses : 120 km/h sur autoroute et autovía, 90 km/h sur route conventionnelle. Ces limites valent pour les voitures, et sont plus basses pour les camping-cars lourds, les remorques et les camionnettes. En ville (DGT, règlement général de la circulation, depuis le 11 mai 2021) : 30 km/h sur une voie à un sens par chaussée, 20 km/h dans les rues sans trottoir surélevé, 50 km/h à deux voies ou plus par sens, sauf panneau.
  • Péages : l’A-8 est gratuite, l’AP-8 est payante sur certains tronçons de Biscaye. Les tarifs changent et la concession d’État se termine en novembre 2026 : vérifiez avant de partir.
  • Parking en ville : à Bilbao, Santander et Saint-Jacques, visez un parking souterrain à l’entrée du centre.

Pour dormir dans le véhicule, souvenez-vous que se garer pour dormir là où le stationnement est permis n’est pas camper : auvent, chaises et vidange changent la donne, et les règles varient selon les communes et les parcs. Le détail est dans dormir dans sa voiture en Espagne et, pour le van, dans l’Espagne en van.

Fixez d’abord les dates de Gaztelugatxe et des Cathédrales : le reste de la côte s’arrange autour.

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